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| Pourquoi je m'engage dans la Constituante |
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Le parti socialiste défend les travailleurs et travailleuses Sur des stands, dans la rue, ou, comme dans le cadre de mon travail en tant que secrétaire syndicale, je remarque souvent, en parlant avec les gens, que la politique ne semble pas à première vue, les intéresser. Soit parce qu’ils sont malheureusement exclu-e-s de l’exercice des droits politiques, soit qu’ils aient l’impression que de toute façon, la politique, c’est là haut (et ils font de toute façon ce qu’ils veulent… Qui? Ceux-là, là haut)… Cette impression, soyons honnêtes, qui ne l’a pas eue, au moins à quelques reprises, par exemple, les dimanches soirs de votation, quand, faisant partie du camp des perdant-e-s, on trouve qu’en effet la politique ne tourne pas vraiment comme on voudrait. Deuxièmement, je remarque qu’en effet, comme le montrent des études ou comme on peut le constater lors de grands rendez-vous électoraux, le parti socialiste a perdu un peu de son audience au sein de son électorat traditionnel. De qui parle-t-on? De ce que l’on appelle, de manière un peu paternaliste, les couches populaires. C’est-à-dire en fait, les salarié-e-s, qui sont actuellement les plus pénalisé-e-s par une économie de marché libérale, ultra compétitive, dans laquelle les acquis sociaux, basés sur la solidarité plutôt que sur la seule responsabilité privée, s’effritent. En revanche, le parti socialiste gagne depuis quelques années maintenant des électeurs et électrices parmi les salarié-e-s qui gagnent plutôt de bons salaires. Très bien, tant mieux si une personne plutôt privilégiée est prête, pour l’intérêt du bien commun, à assurer notamment à l’Etat son financement, par le biais, par exemple, d’impôts élevés. J’aimerais citer les paroles de notre président, qui s’est dernièrement adressé à la presse et aux militant-e-s pour remettre en contexte les quelques idées que j’expose ici et qui sont des questions qui me turlupinent. «[ ] Nous n’entendons pas laisser diviser notre électorat : toutes celles et ceux qui croient à une plus juste répartition des richesses sont chez nous bienvenus, qu’ils en profitent directement ou la défende par souci de bien-être collectif». Que devons-nous faire : redonner confiance. Car, ne perdons pas de vue que la division des salarié-e-s est de très mauvaise augure et que si le salariat a connu des évolutions extrêmement positives en un siècle, prévoyance, assurance perte de gains, assurance chômage, accroissement des salaires, diminution du temps de travail, etc., une tendance dangereuse à une précarisation croissante des rapports de travail se remarque. Ainsi, les préoccupations majeures de la grande partie des travailleurs et travailleuses de ce pays sont, dès lors, très concrètement, les perspectives professionnelles, les conditions de travail, la peur du chômage, la chute du pouvoir d’achat, la précarité… même si d’aucuns, y compris à gauche, disent que c’est la sécurité. Or, comment se présente le marché du travail en Suisse. Notre pays a basé son système de droit du travail essentiellement sur les relations bilatérales entre employeurs et associations de salarié-e-s, qui ont dès lors codifié des règles dans des conventions collectives de travail (CCT), par entreprise, ou par branche. L’Etat n’a ainsi que très peu intercédé dans le monde du travail. Nous connaissons des dispositions du droit du travail du coup extrêmement lacunaires et peu contraignantes. Ce système légitime malheureusement à la fois que les syndicats luttent pour des CCT, parfois comme une fin en soi (sans que le contenu normatif en vaille toujours vraiment la chandelle), et que le politique ne s’implique pas vraiment pour améliorer la loi sur le travail et les autres textes législatifs règlementant les rapports de travail. Si on regarde un peu qui, parmi les travailleurs/euses sont couvert-e-s par une convention collective de travail, on comprend qu’il y a un champ politique à réinvestir, à côté et en appui des associations de salarié-e-s. En 2005, quelque 1'250'000 personnes étaient assujetties à CCT. Remis aux chiffres actuels, c’est environ 40% des travailleurs et travailleuses en Suisse. Les syndicats suisses poursuivent depuis longtemps la tâche et ambition principale d’augmenter le nombre de CCT, l’amélioration de celles existantes et une application plus rigoureuse des mesures qu’elles supposent, par le biais de plus de contrôle et des sanctions réellement efficaces. Cela est tout à fait légitime, surtout que de plus, depuis quelques années, on assiste, – en corollaire aux mesures d’accompagnement lors de la votation des Accords bilatéraux –, à un regain de vigueur du système des conventions collectives. Qu’est ce que peut faire le PS, dans la défense des travailleurs et travailleuses. Tout d’abord, réaffirmer que la réalisation des idéaux de gauche passe par: -un renforcement du champ politique -un rôle fort donné à l’Etat. L’Etat doit, tout en étant lisible et transparent, jouer son rôle redistributeur et garant de l’égalité des chances. Face à un droit du travail très insuffisant et étant donné que justement seul 40% du salariat suisse est couvert par des conventions collectives de travail, le PS devrait se battre pour que l’Etat édicte par exemple des contrats types de travail, là ou des CCT ne sont pas envisageables. L’Etat devrait aussi rappeler un certain nombre de principes règlementant les rapports de travail. -interdiction du travail sur appel -offensive pour une formation continue réellement démocratique -politique salariale transparente, notamment en se battant pour les grilles salariales -lutte contre les discriminations à l’embauche liées au sexe, à l’origine, au statut (par exemple en raison du permis de séjour) -contrôle accrus du marché du travail (recours abusif à la main d’œuvre temporaire, santé au travail, respect des salaires minimaux de branche, etc.)
Si un des idéaux de la gauche est également, à côté de la justice sociale, la libération de la contrainte du travail, force est de constater que le travail est le quotidien de la majorité des citoyennes et citoyens. Soit, il apporte de l’épanouissement, soit il est au contraire mal vécu, soit s’il venait à manquer, il serait synonyme de de déracinement social…. Bref, y a-t-il plus beau champ de lutte pour le parti socialiste?
Au sein de
la Constituante, le PS se battra notamment pour l’extension des droits du
salariat. |
| Biographie |
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Née en 1971, j’ai grandi dans le Jura où j’ai fait mes écoles jusqu’à la maturité. Après une licence ès lettres obtenue en 1996 à l’Université de Genève, j’ai fait partie de l’équipe des historiennes et historiens engagé-e-s par la Commission indépendante d’experts Suisse – seconde guerre mondiale (commission Bergier). Depuis lors, mon parcours professionnel, dont voici les jalons, s’est poursuivi à Berne jusqu’à ce jour:
1997 – 2000: collaboratrice scientifique,
Commission Bergier, Berne |
| Pourquoi je m'engage dans la Constituante |
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Le travail à la commission Bergier, chargée d’examiner le rôle de la Suisse durant la seconde guerre mondiale, m’a permis de saisir un certain nombre de mécanismes politiques à l’oeuvre en Suisse et de cerner l’attitude de repli d’une partie de la classe politique des années d’avant-guerre. L’histoire est un repère essentiel. J’ai par ailleurs participé à un ouvrage collectif pour les 125 ans de l’Union syndicale suisse, en 2005, intitulé La valeur du travail. Histoire et histoires des syndicats suisses. En ces temps de libéralisme effréné, j’aime à me souvenir des racines du Parti socialiste, de ses luttes, espoirs, échecs et désillusions. Car le socialisme est un immense artisan de progrès social. L’émancipation de la classe ouvrière, l’émancipation des femmes et celle des migrant-e-s, sont des acquis du socialisme. Et cela, malgré certaines ambiguïtés que la gauche a pu avoir dans ces thématiques à certains moments de son histoire. Une solide connaissance de la politique migratoire et des luttes du mouvement ouvrier sont donc à la base de mes engagements pour les travailleuses et travailleurs, les migrant-e-s et les personnes précarisées. Je pense aussi que mes connaissances des dossiers fédéraux pourront constituer un atout et c’est pourquoi je suis motivée à faire acte de candidature. Afin de rendre possible, si j’avais le privilège d’être élue, l’engagement que la Constituante requiert, j’ai décidé de réduire mon taux d’activité professionnelle à Berne. J’aimerais contribuer à ce que la nouvelle Constitution soit un vecteur de changement profond, qui consacrerait un rôle fort de l’Etat. Qu’elle affirme des valeurs d’équité sociale, de laïcité, de service public et soit porteuse d’un projet d’extension des droits sociaux et démocratiques. Je rêve aussi d’un texte fondamental qui redonne foi dans l’action politique, comme contre-pouvoir à l’inexorabilité des lois du marché. Idéalisme? Peut-être, mais c’est une belle idée, me semble-t-il, et c’est aussi un des sens de mon engagement. |